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CPF en entreprise : mode d’emploi pour employeurs et salariés

Droits des salariés, accord de l’employeur, participation obligatoire, abondement, entretien de parcours professionnel : les règles du CPF à connaître en 2026 pour les dirigeants et RH de PME.

Maîtrise Avenir

Le compte personnel de formation (CPF) appartient au salarié, pas à l’entreprise. C’est lui qui décide de l’utiliser. L’employeur n’est pas pour autant spectateur : il peut informer, accepter une formation sur le temps de travail, compléter le financement et, dans certains cas, il doit créditer le compte. Voici les règles utiles à un dirigeant ou à un responsable RH de PME.

Ce que chaque salarié accumule

  • 500 € par an pour un salarié qui travaille au moins à mi-temps, dans la limite de 5 000 €. En dessous d’un mi-temps, le montant est calculé au prorata du temps travaillé.
  • 800 € par an, dans la limite de 8 000 €, pour un salarié sans qualification de niveau CAP/BEP, pour un travailleur reconnu handicapé et pour quelques autres situations prévues par la loi.

Le salarié consulte ses droits, exprimés en euros, sur moncompteformation.gouv.fr. Le CPF finance des formations certifiantes, la validation des acquis de l’expérience, le bilan de compétences, la création ou la reprise d’entreprise et certains permis de conduire.

Ce que l’employeur peut faire, et ce qu’il ne peut pas faire

Ce qui est interdit

  • Imposer à un salarié d’utiliser son CPF : son accord est obligatoire.
  • Sanctionner un refus : ne pas vouloir mobiliser son CPF n’est pas une faute.

Ce qui est possible

  • Informer le salarié sur ses droits, notamment lors de l’entretien de parcours professionnel.
  • Accepter que la formation se déroule sur le temps de travail.
  • Compléter le financement (abondement) quand les droits du salarié ne suffisent pas.
  • Combiner le CPF avec une action du plan de développement des compétences, par exemple pour allonger une formation.

Sur le temps de travail ou en dehors ?

  • Hors temps de travail : le salarié n’a pas à demander l’accord de son employeur. Il mobilise ses droits librement.
  • Sur le temps de travail : le salarié doit demander une autorisation d’absence au moins 60 jours calendaires avant le début de la formation, ou 120 jours si elle dure plus de 6 mois. L’employeur a 30 jours calendaires pour répondre. Il peut refuser, mais sans réponse dans ce délai, la demande est réputée acceptée.

Conseil pratique : désignez une personne qui traite ces demandes et suit les délais. Un courrier resté sans réponse vaut accord.

La participation obligatoire du salarié

Lorsqu’il utilise son CPF, le salarié doit en principe payer une participation forfaitaire : 150 € en 2026. Ce montant est indexé sur l’inflation et revu chaque 1er janvier. L’employeur ou l’OPCO peut la prendre en charge.

Point important pour l’entreprise : lorsque l’employeur abonde le CPF, le salarié est dispensé de cette participation. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit par ailleurs de majorer cette participation dans certains cas. Vérifiez les règles en vigueur au moment de la demande.

Depuis le 26 février 2026, trois types d’actions sont aussi plafonnés : 1 500 € de droits CPF pour les certifications du répertoire spécifique (CACES, habilitations électriques, TOEIC…, sauf Cléa), 1 600 € pour un bilan de compétences et 900 € pour les permis du groupe léger. Ce plafond porte sur les droits du salarié, pas sur les cofinancements.

L’abondement : compléter le CPF d’un salarié

L’abondement consiste, pour l’employeur, à ajouter des fonds sur le CPF d’un salarié pour une formation donnée. Il est utile quand :

  • le salarié veut suivre une formation qui sert aussi l’entreprise, mais ses droits ne suffisent pas ;
  • vous voulez encourager une montée en compétences (management, IA, gestion) sans l’imposer ;
  • la formation débouche sur une certification utile au salarié comme à l’entreprise.

En pratique :

  1. Partir d’un projet commun : le salarié est demandeur et la formation répond à un besoin de l’entreprise.
  2. Calculer l’écart entre le prix de la formation et les droits disponibles sur le compte du salarié.
  3. Verser l’abondement depuis l’espace réservé aux employeurs de Mon Compte Formation.
  4. Écrire ce qui a été convenu : formation visée, montant versé, calendrier.

Certains abondements sont obligatoires : lorsqu’un accord collectif le prévoit, en cas de licenciement après refus d’un accord de performance collective, ou au titre de la sanction liée aux entretiens de parcours professionnel (voir ci-dessous).

Les obligations liées à l’entretien de parcours professionnel

L’entretien de parcours professionnel (EPP) remplace l’entretien professionnel. Il est organisé :

  • au cours de la première année suivant l’embauche, puis tous les 4 ans ;
  • dans les 2 mois qui suivent la visite médicale de mi-carrière ;
  • dans les 2 ans qui précèdent les 60 ans du salarié.

Il aborde notamment le CPF : activation du compte et abondement possible par l’employeur. Tous les 8 ans, il fait un état des lieux récapitulatif du parcours.

Dans les entreprises de 50 salariés et plus, si le salarié n’a pas bénéficié, sur les 8 dernières années, des entretiens prévus et d’au moins une formation non obligatoire, l’employeur doit créditer son CPF de 3 000 €. Un accord d’entreprise ou de branche peut adapter certaines règles. Dans les entreprises de moins de 300 salariés, l’OPCO peut vous aider à préparer ces entretiens.

Deux exemples chiffrés

Exemples indicatifs, à vérifier sur le compte du salarié et selon le prix réel de la formation.

Un chef d’équipe qui veut se former au management. La formation coûte 1 800 €. Son CPF affiche 1 200 €. L’entreprise abonde de 600 €. Comme l’employeur abonde, le salarié n’a pas de participation à payer. Coût pour l’entreprise : 600 €, au lieu de 1 800 € si elle avait tout financé seule.

Une salariée qui souhaite faire un bilan de compétences. Le bilan coûte 2 000 €. Son CPF dispose de 2 500 €, mais seuls 1 600 € peuvent être utilisés pour un bilan. Il reste 400 € à financer : l’employeur peut les prendre en charge par un abondement, ce qui dispense aussi la salariée de la participation forfaitaire.

Ce qu’il faut retenir

  • Le CPF reste un droit du salarié : on propose, on n’impose pas.
  • Une demande de formation sur le temps de travail appelle une réponse sous 30 jours, sinon elle est acceptée.
  • L’abondement réduit le coût pour l’entreprise et dispense le salarié de la participation forfaitaire.
  • Les entretiens de parcours professionnel, tous les 4 ans, sont le bon moment pour en parler, et leur oubli peut coûter 3 000 € par salarié dans les entreprises de 50 salariés et plus.

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Sources : Service Public, « Compte personnel de formation (CPF) d’un salarié du secteur privé », vérifié le 27 juin 2026 ; Service Public, « Qu’est-ce qu’un entretien de parcours professionnel (EPP) ? », vérifié le 1er octobre 2026. Les montants et règles évoluent : vérifiez-les avant toute décision.

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